Prise de décision dans la gestion d’une duplication urétrale incomplète chez un jeune homme | Medicina Universitaria

Déc 21, 2021
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Introduction

La duplication urétrale est une anomalie extrêmement rare des voies urinaires inférieures (plus fréquente chez les hommes) qui a été décrite pour la première fois par Aristote, et comprend un large spectre de variantes anatomiques dans lesquelles l’urètre est partiellement ou complètement dupliqué.1 L’anomalie la plus fréquente se produit dans le plan sagittal, dans lequel l’urètre dupliqué est en position dorsale ou ventrale par rapport à l’urètre orthotopique.2 La prise en charge thérapeutique de ces affections est complexe et dépend de la présence de symptômes ainsi que du type d’anomalie.

Rapport de cas

Un Mexicain de 27 ans sans antécédents médicaux personnels ou familiaux d’intérêt s’est présenté à la clinique d’urologie en se plaignant d’un double méat urétral situé à l’extrémité du gland, l’un en position orthotopique et l’autre en position ventrale ou hypospadique, respectivement (Fig. 1). Le patient nous a informés que la miction et l’éjaculation se produisent juste par le méat hypospadique. Il n’a signalé aucun problème ou difficulté de miction, comme des anomalies éjaculatoires, de l’incontinence urinaire ou des infections des voies urinaires. Un examen physique intégral du patient a confirmé la présence d’une duplication urétrale ventrale, d’un prépuce rétractable et les testicules étaient normaux à la palpation sans aucune preuve de masse ou de tumeurs. L’urographie excrétrice intraveineuse des voies urinaires supérieures et de la vessie était banale. D’autre part, l’urétrogramme rétrograde a révélé un urètre d’origine unique au niveau vésical, qui présentait une duplication proximale incomplète dans sa section antérieure avec un court segment sténotique dans l’urètre pénien d’environ 2,5 cm (Fig. 2). En raison de l’absence d’autres anomalies et de l’absence de répercussions fonctionnelles, une abstention thérapeutique a été conseillée.

 Double méat urétral dans le gland.
Figure 1.

Méat urétral double dans le gland.

(0.17 MB).

 Urétrogramme rétrograde qui montre la duplication proximale de l'urètre pénien.
Figure 2.

Urétrogramme rétrograde qui montre la duplication proximale de l’urètre pénien.

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Discussion

La duplication urétrale est une malformation congénitale peu fréquente avec une estimation de 150 cas signalés dans le monde.2,3 L’embryogenèse de ce phénomène est incertaine et probablement multifactorielle. En ce sens, de nombreuses hypothèses ont été proposées pour expliquer cette condition inhabituelle, notamment une ischémie, une terminaison anormale du canal Műllérien et une défaillance de la croissance du sinus urogénital.1 Cependant, une étiologie universelle ou une explication embryologique ne peut pas être appliquée à tous les sous-types de duplication urétrale.

La pertinence clinique de la duplication urétrale est diverse. Les patients peuvent présenter un double flux, une incontinence urinaire, une obstruction de l’écoulement, une infection urinaire récurrente ou être complètement asymptomatiques. Dans le cas présenté, le patient n’a souffert d’aucun problème associé, restant asymptomatique à ce jour. Un examen clinique approprié, une cystouréthrographie invalidante, une urographie rétrograde, une urétrocystoscopie et une urographie excrétrice intraveineuse orientent le diagnostic de ces anomalies.1 L’urographie rétrograde, ainsi que l’urographie excrétrice intraveineuse, ont été particulièrement utiles pour diagnostiquer l’état du patient.

Plusieurs classifications distinguent la duplication urétrale complète et incomplète. Cependant, la classification la plus exhaustive et la plus largement utilisée, basée sur des résultats radiologiques, a été proposée par Effmann et al.4 car il est fonctionnel et représente tous les aspects cliniques impliqués (Fig. 3). La classification d’Effmann divise les duplications urétrales en incomplètes (type 1), complètes (type 2) et coronales (type 3), la dernière étant celle généralement associée à la duplication de la vessie.5 Le type 1 est la variante la plus courante de la duplication urétrale et est généralement asymptomatique. Sur la base des résultats cliniques obtenus dans ce cas et selon la classification d’Effmann, le patient présentait une duplication urétrale de type 1b due à la localisation proximale de l’urètre accessoire, qui provenait de l’urètre principal et avait une extrémité aveugle dans le tissu périurétral.

 Classification d'Effmann pour la duplication urétrale.4
Figure 3.

Classification d’Effmann pour la duplication urétrale.4

(0.21 MB).

Le traitement de ces affections doit être personnalisé, en tenant compte de la variante anatomique et du résultat fonctionnel, ainsi que de la coexistence d’autres malformations. Les critères de traitement vont de l’abstention thérapeutique à l’excision de l’urètre accessoire.6 L’approche chirurgicale n’est pas toujours nécessaire, car les patients risquent de développer diverses complications postopératoires, telles que la fistule urétrocutanée, la sténose méatale récurrente et le diverticule urétral avec calculs.7 Selon la Salle et al. recommandations pour la prise en charge de chaque sous-type de duplication urétrale,6 dans ce cas particulier, l’absence de symptômes ainsi que l’absence de répercussion clinique ou fonctionnelle significative chez le patient nous ont conduit à une abstention thérapeutique conseillée pour le moment.

Conflit d’intérêts

Les auteurs déclarent qu’ils n’ont aucun conflit d’intérêts financier ou non financier lié au sujet ou aux documents abordés dans le manuscrit.

Financement

Aucun soutien financier n’a été fourni.

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