Densité urbaine après Jane Jacobs: le rôle crucial de la diversité et de l’émergence

Jan 6, 2022
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Une fois que le problème de la surpopulation (clairement indésirable) a été isolé des problèmes de densité de population et de construction (sans surpopulation sévère), comme l’a suggéré Jacobs, les planificateurs ont commencé à accorder plus d’attention. De nombreux mouvements actuels qui reconnaissent l’idéal de la « ville compacte » (c’est-à-dire l’approche de la Croissance intelligente et le Nouvel Urbanisme: voir Talen 2005 et Grant 2006) ont redécouvert les avantages de la densité, et certains en ont même fait leur cri d’alarme. Dans la théorie et la pratique d’aujourd’hui, ce qui était abhorré par les planificateurs modernes est maintenant de plus en plus considéré comme une vertu, marquant un revirement complet d’attitude. Par conséquent, les planificateurs ont maintenant basculé en faveur de la promotion de situations urbaines compactes (Holden et Norland 2005; Rice 2010). Le nouvel ennemi est le développement à faible densité — en un mot: l’étalement (Flynt 2006).

Il y a deux mises en garde à garder à l’esprit si nous voulons éviter que cette nouvelle mode de la densité ne perde son chemin: dans un premier temps, la densité elle-même n’est pas un atout en soi; deuxièmement, la densité est quelque chose à encourager et à nourrir, qui n’est pas directement déterminé par la planification.

Densité: valeur intrinsèque par rapport à la valeur instrumentale

Tout d’abord, il est essentiel de réaliser que la densité en soi n’a pas de sens à moins qu’elle ne soit un outil ou une condition pour aller plus loin. À elle seule, la densité (population, bâtiment, etc.) a en fait peu de signification.Note de bas de page 6

Et même si la fonction instrumentale de la densité devait être reconnue, un autre point crucial doit être pris en compte: la densité n’est pas uniquement (ou simplement) un outil qui peut être utile (à certaines conditions) pour réduire les temps de trajet et minimiser l’empiètement sur les terres non aménagées.Note de bas de page 7 Son principal atout est de favoriser le mélange diversifié concentré de préférences, de goûts, de capacités, de savoir-faire, d’utilisations, d’activités humaines, etc.

De ce point de vue, la densité urbaine favorise une myriade d’échanges informels et spontanés au niveau interpersonnel avec la diversité, l’Autre, et aussi la transmission de connaissances pratiques (Desrochers 1998, 2001b; Holcombe 2012). La connaissance pratique est à la fois située (c’est-à-dire qu’il s’agit d’un savoir-faire spécifique dans un espace et un temps spécifiques) (Hayek 1948) et tacite (c’est-à-dire qu’il s’agit d’un savoir-faire spécifique dans un espace et un temps spécifiques)., un savoir-faire acquis par un processus d’apprentissage par la pratique ou par l’usage, et donc intériorisé dans l’esprit de l’individu, qui en fait usage sans réflexion délibérée et explicite, et sans pouvoir le codifier sous une forme facilement transférable) (Polanyi 1958, 1966). Les connaissances pratiques sont donc à la fois spécifiques au contexte et à la personne. C’est précisément parce que le savoir pratique est situé et tacite qu’il est plus facile de l’absorber dans des situations de concentration et de proximité; alors que des connaissances explicites et codifiées peuvent être acquises par l’éducation, par exemple, des connaissances implicites sont acquises par le partage d’expériences et de situations.Note de bas de page 8

Jacobs (1961) a qualifié cette forme de connaissance de connaissance locale, c’est-à-dire la perception des gens ordinaires de leur environnement local. Et elle a observé qu’aucune expertise unique ne peut se substituer à ce type de connaissances contextuelles dispersées, cruciales pour le fonctionnement de systèmes urbains complexes.Note de bas de page 9

Dans cette perspective, les relations en face à face restent cruciales (Ikeda 2004; Storper et Manville, 2006). Les vidéoconférences, par exemple, ne créeront jamais les opportunités d’un environnement de travail dense où les gens se rencontrent même dans des situations imprévues et apprennent en observant les actions aléatoires des individus qui les entourent (Glaeser 2011:37).  » Les villes facilitent le visionnage, l’écoute et l’apprentissage. Parce que la caractéristique essentielle de l’humanité est notre capacité à apprendre les uns des autres, les villes nous rendent plus humains  » (Glaeser 2011:245). Malgré tout le battage médiatique concernant les télécommunications et la mondialisation, la proximité des lieux et de l’espace reste cruciale (Florida 2008).

La compréhension que la densité n’est pas en soi le problème, mais simplement l’une des conditions cruciales de la diversité urbainenote de bas de page 10 a été amplement développée à nouveau par Jane Jacobs (1961/1993:288).:

 » Les personnes rassemblées dans des concentrations de taille et de densité de villes peuvent être considérées comme un bien positif, dans la foi qu’elles sont désirables parce qu’elles sont la source d’une immense vitalité, et parce qu’elles représentent, dans une petite boussole géographique, une grande et exubérante richesse de différences et de possibilités, beaucoup de ces différences uniques et imprévisibles — et d’autant plus précieuses qu’elles le sont. »

Voir aussi Jacobs (1961/1993:192): la diversité générée par les villes « repose sur le fait que dans les villes, tant de personnes sont si proches les unes des autres, et parmi elles, il y a tant de goûts, de compétences, de besoins, de fournitures et d’abeilles différents dans leurs bonnets. »

Pour Jacobs, la diversité est l’un des principaux atouts d’une ville désirable, et intrinsèque à son bon fonctionnement en tant que centre multiforme de l’humanité; comme elle le constate, toutes sortes de diversité, étroitement mêlées à un soutien mutuel, sont cruciales (Jacobs 1961/1993:315). En effet, la vitalité et la prospérité mêmes de la ville dépendent de cette diversité. Ces différences permettent aux individus de vivre et de travailler en contact permanent avec les autres, et d’apprendre de leurs échecs et de leurs succès à travers les innombrables expériences qu’offre cette texture urbaine variée. Dans ce cas, la ville est un vaste laboratoire ouvert et dynamique de l’expérience humaine et des essais et erreurs (Jacobs 1961/1993:9).

L’importance de la diversité pour la vitalité urbaine économique — c’est—à-dire la possibilité pour les acteurs économiques d’expérimenter fréquemment différentes sources et formes de parcours, d’expériences et de connaissances – a ensuite été revendiquée par de nombreux auteurs (Florida 2005, 2007, 2008; Glaeser 2011).Note de bas de page 11 La diversité a été reconnue comme une condition préalable fondamentale à la créativité (Landry, 2008). Le point crucial ici (Desrochers et Leppälä 2011b:427) n’est pas que les individus créatifs ne sont présents que dans des environnements urbains socialement et économiquement diversifiés; mais, plutôt, que dans de tels environnements (créatifs), les individus sont souvent confrontés à de nouveaux problèmes et ont plus de possibilités de les résoudre, également en raison de la possibilité d’interagir avec des individus qui possèdent des compétences différentes et variées (ces interactions formelles et informelles se déroulent au niveau des individus, plutôt qu’entre les industries en tant que telles).

Densité: conception délibérée vs émergence spontanée

Mais il y a plus. Les politiques vantées par certains planificateurs anti-densité tout au long du siècle dernier étaient étrangement similaires aux politiques maintenant déclarées au XXIe par des planificateurs en faveur de la densité (Bruegmann 2001). L’introduction de limites de croissance et de ceintures vertes, par exemple, ainsi que la garantie de la centralité de certains types de transports publics, sont des éléments présents à la fois dans les schémas de planification autrefois utilisés pour réduire la densité et dans ceux maintenant utilisés pour augmenter la densité. (Comme l’observe Bruegmann 2001, ces outils étaient comme un ensemble de solutions à la recherche de problèmes).

Comme indiqué ci-dessus, ce type de contradiction survient parce que les planificateurs continuent d’accorder trop d’importance à la densité en soi (dans un sens négatif et positif), et parce que la planification elle-même continue de suivre un modèle descendant enraciné, c’est-à-dire une approche que l’on peut qualifier de téléocratique, c’est-à-dire une approche adaptée à des fins et à des résultats spécifiques à imposer à force de loi (Moroni 2010).Note de bas de page 12

Ce n’est pas un hasard si de nombreux nouveaux partisans de la densité — en particulier ceux qui appartiennent au mouvement du Nouvel urbanisme — ont tendance à se concentrer sur une idée globale du design urbain par laquelle ils imaginent pouvoir imaginer une ville sous toutes ses facettes et donc l’affiner pour obtenir les meilleurs résultats. Cette approche implique deux erreurs de jugement récurrentes: premièrement, la croyance que chaque problème (urbain) peut être résolu par la planification et la conception; deuxièmement, la croyance que la forme détermine le contenu. Ici, les Nouveaux urbanistes acceptent une nouvelle forme de déterminisme spatial (Harvey 1997). Comme l’écrit King (2004:109): « Les Nouveaux urbanistes semblent embrasser (avec une réflexion et un argument insuffisants) une vision particulière des communautés authentiques et désirables, et ils supposent que de telles communautés émergeront de formes bâties particulières.Note de bas de page 13 Et elle commente : De toute évidence, les facteurs spatiaux façonnent et limitent les possibilités sociales; mais la relation est réciproque et sûrement non linéaire; nous devrions donc rester sceptiques quant à toute affirmation selon laquelle les formes spatiales déterminent en elles-mêmes les processus sociaux (ibid.).

En ce sens, malgré leur profession de foi en Jacobs, les Nouveaux urbanistes sont parfois décalés. À cet égard, Gordon et Ikeda (2011: 439) observent: Le type de diversité que Jane Jacobs considère comme typique de la vitalité économique à long terme est en grande partie « le résultat d’un processus « organique », généralement à petite échelle et au niveau de l’entrepreneur individuel. Aujourd’hui, les développeurs et les planificateurs de croissance intelligente, inspirés par le Nouvel urbanisme, semblent vouloir ignorer le processus organique et évolutif et plutôt construire ce qu’ils considèrent comme le résultat idéal de ce processus. » En d’autres termes: « Trop de ceux qui revendiquent Jacobs comme une influence majeure ont manqué le message d’ordre spontané et ont plutôt interprété ses descriptions de villes vivantes réussies de manière plus prescriptive qu’elle ne le souhaitait » (440). Le même point est souligné par Fainstein (2000: 464): bien que la critique de Jacobs sur les planificateurs modernistes « sous-tend une grande partie du nouvel urbanisme, elle répudierait probablement son effort de prescrire ce qui, à son avis, doit être spontané. ».Note de bas de page 14

En termes simples, il est impossible de créer une densité urbaine optimale à l’avance sur la planche à dessin: les densités échouent partout où elles entravent la diversité plutôt que de l’encourager. Comme le fait remarquer Jacobs (1961/1993: 267): Une forte concentration de résidents n’est pas suffisante si la diversité est contrecarrée; par exemple, aucune concentration de résidence ne suffit à créer de la diversité dans des « projets encadrés », car, dans ces cas, la diversité a de toute façon été paralysée. En bref, nous devrions regarder la densité de la même manière que nous considérons les calories: la bonne quantité pour chaque personne peut être découverte uniquement en fonction de la performance continue livrée (Jacobs 1961/1993: 272).

Pour cette raison, il conviendrait de renoncer une fois pour toutes à certaines règles de planification directionnelle et d’accueillir un nouvel ensemble de règles relationnelles qui offrent une plus grande marge de manœuvre aux processus ascendants: un ensemble qui rejette l’approche téléocratique au profit d’une approche nomocratique,note de bas de page 15 dans lequel les institutions et le droit ne sont que le cadre destiné à éviter les dommages réciproques, et n’ont pas de résultat spécifique prescrit, permettant ainsi l’interaction naturelle et la saine concurrence entre d’innombrables expériences incomparables (Moroni 2010, 2012; Holcombe 2013).

Les « règles relationnelles » ne concernent pas les résultats physiques globaux concrets, mais le processus général d’action et d’interaction. Ils sont impersonnels, simples et stables. L’impersonnalité demande des règles abstraites (c’est-à-dire se référant à des situations ou à des actions standard et non à des actions spécifiques) et générales (c’est-à-dire s’appliquant également à tous et non à des individus ou à des parcelles particuliers); de plus, elles doivent être principalement négatives (c’est-à-dire interdisant simplement certains effets secondaires indésirables). Des règles abstraites, générales et majoritairement négatives permettent aux individus (citoyens, architectes, designers, promoteurs developers) de répondre à de nouvelles circonstances par des actions innovantes suscitées par leur connaissance particulière des circonstances du temps et du lieu. En bref: ils augmentent la capacité du système socio-spatial à tirer parti des connaissances dispersées et contextuelles (c’est-à-dire des connaissances locales, selon les termes de Jacobs). C’est la ville — ses citoyens — qui doit être créative, pas le cadre réglementaire public (Moroni 2011). La simplicité exige des règles simples et sans ambiguïté; c’est-à-dire des règles qui évitent la technicité, la complexité et l’indétermination (Schuck 1992; Epstein 1995). Les réponses à celles-ci ne peuvent être que binaires, sans place pour une interprétation administrative ad hoc et une discrétion. Notez que tout cela n’est possible que si et lorsque nous renonçons à l’approche globale et coordonnée de nombreuses formes – traditionnelles et contemporaines — de planification. La stabilité demande des règles qui soient permanentes pendant des périodes suffisamment longues pour permettre aux individus d’avoir des attentes fiables à l’égard des actions des autres, ainsi que des actions de l’État national et local. Des règles stables sont essentielles car les entrepreneurs, les promoteurs, les propriétaires fonciers, les simples citoyens, etc. ont besoin de connaître les règles du jeu — non seulement pour leurs choix à court terme, mais aussi pour leurs options à long terme. Observez que les seules règles qui peuvent rester stables sont celles qui traitent d’aspects abstraits et généraux de la réalité urbaine locale, et ne prétendent pas contrôler les détails. En d’autres termes, c’est en raison de la tendance à appliquer des réglementations trop détaillées et spécifiques que nous avons omis ou échoué à assurer la stabilité des règles d’utilisation du sol et de construction; les règles (non relationnelles mais) directionnelles tendent à devenir plus rapidement obsolètes; elles doivent être réécrites plusieurs fois afin de se tenir au courant des situations changeantes concrètes qu’elles entendent façonner.

Les règles relationnelles servent donc à réduire, mais non à éliminer, l’incertitude. Les systèmes de règles relationnelles réduisent la gamme des actions possibles (urbaines) à une classe typique et générale. Ils fournissent une sorte de coordination de modèle, et non une coordination de détail, entre les actions et les activités des individus (Moroni 2007). Ce sont des règles telles que: « Tout projet de construction ou toute modification doit, en quelque lieu que ce soit, éviter de générer les externalités D, E et F »; « Tout bâtiment de type W ne doit pas être construit à moins de X mètres de bâtiments de type Z » et ainsi de suite. Les règles relationnelles n’assurent donc qu’un degré approprié de prévisibilité : par exemple, X ne peut pas savoir à l’avance précisément ce qui arrivera au lot Y qui se trouve à côté de son propre terrain (quel type spécifique d’utilisation du sol aura lieu, quelles activités concrètes, etc.); X ne peut savoir que, sur le lot Y (comme sur d’autres parcelles du même domaine urbain), quel que soit le type de bâtiments qui y seront construits, certaines externalités doivent être exclues (par exemple, types spécifiques de pollution, certains niveaux de bruit, etc.) et certaines relations évitées (par exemple, proximité entre les bâtiments de type W et de type Z) (Moroni 2012).

Pour revenir à Jacobs (1961/1993:311): « Les zones urbaines à la diversité florissante poussent des usages étranges et imprévisibles et des scènes particulières. Mais ce n’est pas un inconvénient de la diversité. C’est le point, ou une partie de celui-ci. »

Dans cette perspective, l’objectif n’est pas de créer directement de la densité — après s’être expressément efforcé de l’éviter pendant si longtemps — mais d’ouvrir la porte et de permettre que la densité se produise dans nos villes grâce à des règles d’urbanisme plus abstraites et générales qui excluent simplement une liste d’externalités négatives spécifiques et donnent plus de marge de manœuvre pour l’expérimentation et l’auto-organisation, et qui incluent le libre transfert des droits de développement.

Le type conventionnel de droits de développement transférables  » intégratifs de zonage » n’est pas la seule application disponible. En fait, il n’y a pas de lien nécessaire entre les droits de développement transférables et le zonage en tant que tel. Dans une perspective différente, les droits de développement transférables peuvent être conçus en termes d’alternatives au zonage — plutôt que comme de simples annexes (Chiodelli et Moroni 2016). Les droits de développement transférables « Zonage – alternative » sont un dispositif à part entière, indépendant du zonage. Dans ce cas, le rôle du gouvernement local se limite à décider de la quantité globale de développement à autoriser (par la décision sur le nombre de droits de développement transférables à attribuer). Une fois cette quantité globale décidée, les droits de développement transférables sont automatiquement attribués avec un ratio identique (par exemple, Y unités de développement par acre) (Chiodelli et Moroni 2016). Le marché immobilier est ensuite libre de redistribuer ces droits entre les propriétaires fonciers (Thorsnes et Simons, 1999). La municipalité peut décider d’établir une distinction entre les zones concernées et les zones non concernées. Aucune autre distinction (par exemple, entre les zones d’envoi et les zones de réception) ne sera envisagée. Il est clair que tous les transferts doivent être effectués sans violer les règles relationnelles indiquées ci-dessus (par exemple, lorsque les droits de développement transférables « touchent terre » et s’accumulent).

En bref: l’outil des droits de développement transférables peut être vu non pas tant comme une forme de compensation (à la lumière de types de zonage plus traditionnels)Note de bas de page 16, mais comme une forme d’opportunité, à savoir un moyen de permettre la formation de densité quand et où ils sont jugés appropriés par la société et par le marché.

Pour éviter les malentendus, il faut souligner qu’outre l’octroi d’un cadre de règles relationnelles, l’approche nomocratique envisage également la mise à disposition d’espaces publics et d’infrastructures sur des terrains publics via une forme d’aménagement circonscrit (Moroni 2012, 2015). Ce type de planification est nécessairement basé sur la constatation de circonstances spécifiques; il concerne directement les actions du secteur public et les terres appartenant au secteur public, et non les actions de parties privées sur des terres privées. Les directives introduites dans ce second cas sont évidemment spécifiques à la localisation et dépendantes de la carte. Les autorités locales doivent préciser à l’avance où seront situés les services publics et les infrastructures (Holcombe 2012) sans aucune obligation d’étendre les routes, les égouts et autres infrastructures à n’importe quel site que les parties privées pourraient choisir pour le développement.

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